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lundi 22 avril 2013

Nos bénévoles et carrefouristes font une vraie différence – nous ne pourrions y arriver sans vous!


Cette semaine, quatre torréfacteurs canadiens se rendront en Bolivie afin de visiter COAINE, une coopérative bolivienne qui soutient 180 familles caféicultrices. Il s’agit d’un heureux hasard puisqu’ils seront en visite pendant la Semaine  de l’action bénévole (du 21 au 27 avril) et que cette initiative n’aurait pu voir le jour sans le bon travail des bénévoles et volontaires internationaux de Carrefour.

Tout a débuté en 2006 lorsque l’un de nos carrefouristes a entamé un mandat au sein de l’entreprise de micro finance FONCRESOL. En six mois seulement, il a contribué à l’élaboration d’un guide de certification en commerce équitable et à l’estimation des besoins de financement pour les  familles désireuses de cultiver et de vendre le café. Suite à ces grandes réalisations, un nouveau type de prêt, le prêt équitable, a vu le jour chez FONCRESOL. Le prêt équitable est offert aux caféiculteurs boliviens des régions rurales, groupe dont plus de 80 pour cent vivent sous le seuil de la pauvreté. Ce prêt leur permet d’augmenter leur production de café et affecte directement d’autres aspects de leur vie – ils peuvent envoyer leurs enfants à l’école, ils ont un meilleur accès aux soins de santé, à l’eau potable, aux services de communication et au réseau de transport, même dans les régions éloignées.

En s’appuyant sur ce premier succès de carrefouriste, les volontaires de Carrefour ont œuvré à ouvrir le marché canadien du café aux producteurs internationaux. En 2011, Mario Condori, caféiculteur et dirigeant de COAINE, est venu au Canada afin de rencontrer des acheteurs potentiels. Sa visite a porté fruit; à l’automne de cette année là, cinq ententes avaient déjà été signées avec des torréfacteurs canadiens qui se sont engagés à se procurer du café bolivien à un prix équitable. La concrétisation de cet accord a pris la forme de deux conteneurs de grains de café envoyés au Canada – plus de 30 000 kilos de café! Cette semaine, les quatre torréfacteurs canadiens visitant la Bolivie exploreront les différentes avenues afin de développer ou d’approfondir leurs relations avec les producteurs boliviens, dans l’espoir de pouvoir importer des grains de café au Canada en 2013. L’un de ces micro-torréfacteurs canadiens explorera également les possibilités de développer une coopérative d’importation avec COAINE à titre de fournisseur principal.

Voilà un excellent exemple du degré de sophistication que le modèle de coopération volontaire a atteint. Carrefour International désire faire une différence en orientant les habiletés de nos volontaires là où elles seront le plus profitables, et nos résultats stupéfiants témoignent du talent et de la compétence de tous nos carrefouristes. Cette formule obtient du succès dans les échanges Sud-Sud entre le Swaziland, le Ghana et le Zimbabwe, dans les échanges Nord-Sud comme la visite de Mario Condori au Canada, et dans les stages de nombreux carrefouristes canadiens chez nos partenaires à l’étranger.

Merci à l’Agence canadienne de développement international (ACDI) de soutenir les échanges de volontaires à l’étranger; au cours de la dernière année 101 volontaires ont participé à ces échanges internationaux basés sur le savoir et la compétence. Tous les carrefouristes ont apporté une contribution significative, que ce soit à l’étranger ou à la maison. Nous avons une équipe formidable de bénévoles dévoués ayant dédié un nombre infini d’heures au soutien de nos programmes, tant par la formation des volontaires, le fait d’être famille d’accueil ou par leur contribution aux levées de fonds. Cette année, nos bénévoles et carrefouristes ont amassé des fonds afin de faire progresser les droits des femmes et des filles en organisant des événements et enligne pour les campagnes de la Journée internationale de la femme et du Club à Club. Grâce à leur contribution, une quinzaine de clubs d’autonomisation pour les filles additionnels seront inaugurés au Swaziland cette année. Qui plus est, le conseil d’administration et les comités de Carrefour International orientent judicieusement notre travail et merci à nos bénévoles et stagiaires nous permettent de concrétiser le tout au quotidien.

Je désire remercier tous nos bénévoles et carrefouristes, d’hier et d’aujourd’hui, ici au Canada et à l’étranger, pour tous leurs efforts; notre travail ne serait pas possible sans vous. Sachez que nous nous valorisons toutes vos contributions, quelles qu’elles soient. Au nom de toute l’équipe de Carrefour, merci! 

jeudi 28 mars 2013

Le Royaume-Uni s’implique dans le vrai changement alors que le Canada brasse les cartes


Le budget fédéral du Canada renfermait quelques surprises. Depuis plusieurs semaines, maintes discussions ont été tenues sur les moyens d’éliminer le déficit et de palier à la pénurie de compétences professionnelles. Cependant, pour ceux qui œuvrent en développement international, l’annonce que l’Agence canadienne de développement international (ACDI) deviendra une filiale du Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) a frappé comme une onde de choc. Même les employés de l’ACDI ont révélé avoir appris la nouvelle la même journée que moi, par un tweet envoyé jeudi dernier par Evan Solomon de la SRC.

La nouvelle, si imprévue soit elle, n’est pas si mauvaise. Les ONGs canadiennes et les citoyens avertis ont longtemps revendiqué un ministère de premier plan pour la coopération internationale. Avec ce budget, notre souhait a été exaucé. Mais à quel prix? Le gouvernement dit que sa décision reflète « l’interrelation accrue entre notre politique étrangère, le développement et nos objectifs commerciaux ». Depuis plusieurs années, les gouvernements canadiens, les libéraux comme les conservateurs, ont tous proclamé la nécessité d’une plus grande cohérence au sein de la politique étrangère du Canada. Est-ce que l’absorption de l’ACDI par le MAECI marque le trépas d’un point de mire visant clairement l’éradication de la pauvreté? Est-ce que cet amalgame résultera en un programme de développement plus centré sur les intérêts de la politique étrangère canadienne et du commerce international?

Pas nécessairement. Carrefour soutien également les partenariats public-privé en mettant à profit les compétences de citoyens canadiens, et par des partenariats avec des acteurs du secteur privé. Cette année seulement, les torréfacteurs canadiens soutiendront plus de 180 familles caféicultrices boliviennes afin qu’ils puissent accéder au marché canadien. Le partenariat est avantageux pour toutes les parties prenantes, certes, mais le centre d’intérêt est d’offrir de réelles opportunités commerciales aux producteurs boliviens. Impliquer des acteurs du secteur privé peut s’avérer efficace, et oui, il y a des avantages pour les canadiens, mais en ce qui concerne mon fond de développement, je veux qu’il serve à ceux qui en ont le plus besoin.

Avec le déclin du soutien financier du Canada pour le développement, les estimations actuelles étant d’à peine 0,25 pour cent de notre produit national brute (PNB), nous devrions nous inspirer du Royaume-Uni. Ils ont démontré un leadership hors pair cette semaine alors qu’ils ont annoncé qu’ils allouer 0,7 pour cent de leur PNB afin d’éradiquer la pauvreté. Voilà qui rend le Royaume-Uni le premier de tous les pays du G8 à atteindre un objectif globalement accepté par les nations riches et initialement proposé par le Premier Ministre canadien Lester Pearson dans les années 60. Ceci a été réalisé malgré la menace d’une terrible récession et dans un contexte d’austérité budgétaire. Le Royaume-Uni sait que le développement global mènera vers une économie plus équilibrée et résiliente, et déclenchera un effet domino de progrès en santé, en éducation, en sécurité et en gouvernance.

Le Canada a déjà été chef de file en développement global; souvenez-vous, en 2008 lorsque notre gouvernement a été félicité pour ses efforts visant à délier l’entraide? Ça prenait du leadership. On a mis les besoins et les intérêts des pauvres à l’avant-plan. C’est le genre de leadership dont nous avons besoin. Notre argent a contribué à stimuler le développement économique afin que les gens puissent nourrir leur famille et envoyer leurs enfants à l’école. Des vies ont été sauvées grâce à un meilleur accès aux soins de santé. Cela a permis la capacitation des femmes, l’avancée des droits fondamentaux et a contribué à la bonne gouvernance partout autour du globe. Tout cela a fait une réelle différence dans des millions de vies et il est essentiel que notre stratégie à long terme, en ce qui concerne les fonds de développement, ne soit pas supplantée par des intérêts commerciaux et diplomatiques. En dépit des intérêts économiques domestiques, cet argent devrait être dédié à éradiquer l’extrême pauvreté, et nous ne pouvons perdre de vue cet objectif. Nous devons arrêter de brasser les cartes et commencer à induire de vrais changements.

mardi 29 septembre 2009

La cause du siècle



Si le monde investissait dans les femmes et les filles, les femmes et les filles s'occuperaient en retour de la planète. Ces mots ne sont pas les miens, mais ceux de l'activiste américaine Jane Roberts. La relation entre les droits fondamentaux des femmes, l'égalité entre les hommes et les femmes et le développement économique et social est reconnue et décomuentée.

À Carrefour, nous en sommes quotidiennement les témoins privilégiés, que l’on prenne l’exemple de femmes de l'Afrique de l'Ouest sorties de l'économie de subsistance grâce à des coopératives produisant du beurre de karité, du savon ou du tissu,  ou celui  des membres des banques communales appuyées par CCI ou des femmes comme Martha Ali peuvent maintenant annoncer : « Mes enfants vont à l'école grâce à mes revenus. » Certes les prêts sont modestes, mais ils ont un impact considérable dans la vie de ces femmes et de leur famille.

Il y a tout juste cinq ans, Carrefour canadien international prenait la décision de consacrer une partie de ses ressources à la promotion des droits des femmes. Il nous était apparu évident que l'autonomisation des femmes était le dénominateur commun à l’ensemble de nos objectifs, qui couvre aussi bien le développement des économies locales, la réduction de la pauvreté ou la lutte contre le sida.

Aujourd'hui, après des années de réflexion et d'action pour l'égalité entre les hommes et les femmes, certaines personnes n'hésitent pas à faire de la lutte pour les droits des femmes et des filles, la cause de notre siècle.

Le 14 septembre dernier, les Nations unies ont voté une résolution visant à créer une agence onusienne importante dont la seule mission sera de promouvoir les droits des femmes et des filles. La semaine suivante, Plan international publiait un rapport démontrant de façon convaincante que l'investissement dans les programmes destinés aux filles brisera le cycle de la pauvreté intergénérationnelle et que l'absence d'un tel investissement ferait perdre aux pays les plus défavorisés plusieurs milliards en croissance économique.

Cependant, les subventions envers les organisations de services aux femmes n'ont fait que décroitre, tout au long de la dernière décennie, aussi bien quantitativement que qualitativement. L'Association pour les droits de la femme et le développement (AWID), qui observe et analyse le flux des subventions destinées aux droits des femmes, attribue cette tendance mondiale à l'intégration de la dimension de genre dans les activités qui a entrainé la dilution des objectifs propres à l'égalité des femmes au profit d'objectifs de développement plus généraux
.

Le Canada ne fait pas exception à cette règle, et il semble éventent aujourd'hui, qu'en dépit des lignes directrices si droites de notre politique, l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et de nombreuses organisations internationales de la société civile canadienne ont lentement perdu leur intérêt pour les programmes portant sur l'égalité entre les sexes au cours de la dernière décennie. Un certain nombre d’organisations, dont Carrefour canadien international, a analysé la récente autoévaluation de l'ACDI relative aux résultats de sa politique sur l'égalité entre les sexes entre 1998 et 2005 dans un rapport intitulé
« 
Consolider le leadership international du Canada en matière de promotion de l’égalité entre les sexes ». Bien que les organisations furent franchement impressionnées par la rigueur de l'évaluation, d’ailleurs l'ensemble des OSC a soutenu sans réserve la politique, il est clair que l'augmentation des investissements dans des programmes portant spécifiquement sur l'égalité entre les sexes tout comme un nouvel élan politique sont nécessaires.

Et le moment ne saurait être plus opportun. Au niveau international, une nouvelle dynamique prend de l'ampleur. Le gouvernement néerlandais a créé, en 2008, le Fonds OMD3 en partie à compenser la baisse dramatique des subventions accordées aux programmes destinés aux femmes. Au même moment, la fondation NIKE lançait la fameuse campagne « 
girl effect » accompagnée d’une enveloppe de 100 millions de dollars à destination des programmes pour les filles. Cette année, l'Espagne a donné le ton en allouant 65 millions de dollars au Fonds d'UNIFEM pour l'égalité. Et la semaine dernière, la Canadienne, Belinda Stronach, a annoncé que la Belinda Stronach Foundation, en collaboration avec Clinton Global Initiative, réunira les plus grands organismes nationaux et internationaux dans le but d’attirer l’attention du G8 sur la question des femmes et des filles.

L’argumentaire est solide. Selon la Banque mondiale, lorsque le nombre de filles accédant à l'école secondaire augmente de 10 %, l'économie nationale d'un pays augmente de 3 %. De même, une femme percevant un salaire en réinvestit 90 % pour le bienêtre de sa famille.

Pour résumer, c'est un train qui vaut la peine d'être pris en marche. Déjà, de nombreuses organisations internationales et canadiennes réorientent leurs ressources au bénéfice des programmes à destination des filles et des femmes.   Le gouvernement canadien devrait en faire de même.   Et la tenue du G20 et du G8 en juin 2010 au Canada est une occasion inespérée pour que notre pays reprenne sa place de leadeur et montre le chemin à suivre sur la question des droits fondamentaux. La vie de 500 millions de filles et de jeunes femmes en dépend.

Découvrez comment votre appui financier envers les projets sur les droits des femmes de Carrefour canadien international peur faire une réelle différence.