Aucun message portant le libellé égalité des sexes. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé égalité des sexes. Afficher tous les messages

mardi 1 mars 2011

Ouvrons les portes!

Célébrez le 100e anniversaire de la Journée internationale des femmes en rendant hommage à une femme inspirante

Cette année, j’ai célébré mon 50e anniversaire de naissance entourée de ma famille et de mes amis. Parmi eux, il y avait des dizaines de femmes qui, au fil des ans, ont profondément marqué ma vie personnelle et professionnelle. En faisant le point (comme on le fait souvent à un jalon important de nos vies), j’ai réalisé qu’elles avaient influencé non seulement ma vie, mais aussi celle de beaucoup d'autres. En tant que mères, sœurs, conjointes, avocates, comptables, travailleuses sociales, bénévoles et amies, elles touchent des milliers de personnes. Ces femmes dirigent des organisations, appuient des organismes, et exercent des fonctions de leader dans leur collectivité. Je suis privilégiée de les avoir en guise de mentors, de collègues et d’amies.

Mais l’une des femmes les plus déterminantes dans ma vie n’était pas présente à ma fête d’anniversaire, ma mère. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, c’est à elle que je veux rendre hommage. 

Quand j’avais neuf ans, ma mère a décidé de quitter une relation de violence et d’élever seule ses cinq enfants. Dans les années 1960 et 1970 au Québec, il y avait bien peu de ressources à sa disposition. Partir signifiait qu'elle devrait travailler sans relâche pour arriver à joindre les deux bouts. Malgré les énormes obstacles sur son chemin, les longues heures qu’elle consacrait à son travail et à sa famille, elle trouvait toujours le temps nécessaire pour aider les autres, en faisant du bénévolat et en partageant le peu que nous avions. Encore aujourd’hui, ma mère est une bénévole active. Auprès de ma mère, j’ai découvert le courage, la force, la résilience et la générosité des femmes. 

Peut-être est-ce la volonté de suivre son exemple qui m’a amenée chez Carrefour. Aujourd’hui, Carrefour appuie des milliers de femmes ordinaires qui ne sont pas très différentes de ma mère. Ces femmes qui sont confrontées à d’énormes obstacles, peinent à gagner leur vie et améliorer celle de leurs enfants. Des femmes ordinaires, oui, mais qui font des choses extraordinaires – créer des entreprises viables, remettre les lois en question et les changer pour faire en sorte que d’autres puissent vivre à l’abri de la violence, et éduquer des filles afin qu’elles puissent réaliser leur plein potentiel. 

Chez Carrefour, nous ouvrons les portes à des milliers de femmes en Bolivie et en Afrique. Nous le faisons grâce au microcrédit qui les aide à mettre sur pied et à faire prospérer de petites entreprises. Nous le faisons aussi en contribuant à la création de coopératives qui permettent aux femmes de transformer leurs activités traditionnelles en entreprise viable et durable, génératrice de revenus. Nous investissons aussi dans des programmes d’autonomisation et de leadership à l’intention des filles et des jeunes femmes. Dans les collectivités où la violence faite aux femmes est endémique et où les femmes ne jouissent d’aucun droit humain fondamental, ces programmes donnent la possibilité aux femmes de devenir des chefs de file dans leur communauté. Fortes de cette confiance et ces compétences, ces femmes et ces jeunes filles bouleversent le statu quo et travaillent pour le changement

Joignez-vous à notre campagne OUVRONS LES PORTES! À l’occasion du 100anniversaire de la Journée internationale des femmes, participez aux célébrations en aidant des femmes en Afrique et en Bolivie à ouvrir des portes d'opportunités.

Il n’y a rien de plus facile :
  1. Inscrivez-vous et fixez-vous un objectif de financement personnel. 
  2. Pensez à une femme qui a ouvert des portes pour vous et à laquelle vous voulez rendre hommage en ouvrant des portes pour les femmes en Bolivie et en Afrique. Racontez son histoire sur votre page personnelle.
  3. Envoyez un courriel à vos amis. Demandez-leur de faire un don à la campagne OUVRONS LES PORTES en l’honneur d’une femme qui les inspire. 
  4. Changez des vies à jamais.

Votre don permettra à des femmes de certains des pays les plus pauvres du monde de gagner un revenu durable et d’accéder à l’autonomie. Merci pour votre appui!




mardi 1 février 2011

Motifs d'espoir


En 2011, j’ai décidé d’amorcer l’année différemment et de faire fi des résolutions du Nouvel An. Pas que je sois incapable de tenir mes résolutions : au fil des ans, celles-ci m’ont amenée à courir un demi-marathon, à cesser de fumer, et à suivre le cours de peinture dont j’avais tant parlé.

En 2010, la situation s’est énormément détériorée pour un grand nombre de personnes dans le monde. Il y a d’abord eu le tremblement de terre en Haïti, puis la sécheresse prolongée au Niger, puis les inondations dévastatrices au Pakistan et dans de nombreux autres pays. Or, ces terribles désastres ne sont rien comparativement à la misère qui les a précédés et qui continue de gruger le potentiel de 1,75 milliard de personnes, d’année en année. Cette année donc, les bonnes résolutions personnelles ne me suffisent plus, j’ai besoin de motifs d’espoir.

Voici donc mon palmarès 2011 des 10 motifs d’espoir — puisés auprès de Carrefour et dans le monde — où, malgré les obstacles, les gens ont uni leurs forces pour faire valoir leurs droits de vivre dans la dignité, de gagner un revenu décent et de déterminer leur avenir.

Des femmes exercent leur leadership au Togo
Togo — En date de janvier 2010, le partenaire de Carrefour GF2D avait offert une formation en matière de leadership à plus de 130 femmes dans 36 villages. Des femmes comme Abla, 63 ans, qui ont acquis de l’assurance grâce cette formation, trouvent des moyens d’accroître la participation des femmes à la prise de décisions. Abla, pour sa part, a réussi à faire en sorte que la route qui mène à son village soit accessible à longueur d’année et que les autorités affectent bel et bien les fonds que les villageois avaient amassés à la construction d’une école. Autre motif d’optimisme? La fondatrice et membre du conseil d’administration de GF2D, Kafui Brigitte Adjamagbo Johnson, est devenue la première femme à se porter candidate à la présidence du Togo.

Adoption d’une loi instituant la parité au parlement sénégalais
Sénégal — En mai, le parlement sénégalais a adopté avec une écrasante majorité une loi qui instaure la parité intégrale entre les sexes. À tous les ordres de gouvernement, les partis politiques doivent dorénavant présenter un nombre égal de candidates et de candidats aux élections. Les activistes saluent l’adoption de la loi et affirment qu’elle augmentera le nombre de femmes au parlement sénégalais.

Les femmes de nouveau au rang des priorités?
Canada — Vous auriez bien sûr pu vous offusquer qu’une sénatrice bien connue lance à votre intention et à celle de vos sympathisantes « Fermez vos cri?#! de gueules. » Mais, ce petit conseil politique éclairé, donné en mai dernier par la réputée sénatrice et activiste des droits des femmes Nancy Ruth à un auditoire d’activistes des droits des femmes, a jeté les bases d’un débat national crucial sur l’engagement du Canada en matière de droits des femmes au pays et ailleurs dans le monde. Le débat s’est articulé autour de la promesse du Canada de s’imposer comme chef de file mondial, grâce à son initiative sur la santé maternelle et infantile au G8/G20.

Reconnaissance longtemps attendue pour les Zimbabwéennes
Zimbabwe – Chaque fois que la situation des femmes au Canada m’afflige, je pense à la Coalition des femmes du Zimbabwe. Malgré l’oppression brutale et une crise économique d’une ampleur totalement inconnue au Canada, elles continuent de travailler – et de se faire entendre. En mai, la Coalition des femmes du Zimbabwe a été reconnue au Canada pour son travail soutenu de promotion des droits des femmes, notamment pour l’adoption en 2007 d’une mesure sans précédent, la Loi sur la violence familiale. Le Conseil canadien pour la coopération internationale a rendu hommage à la Coalition en créant le Fonds Betty Plewes, un prix annuel qui souligne le leadership remarquable d’une organisation à but non lucratif africaine dont le travail de recherche et politique renforce les droits des femmes.

Lancement d’ONU Femmes
Monde — En juillet, les États membres de l’ONU ont créé l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes — ONU Femmes — pour accélérer les progrès en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes. En septembre, l’ex-présidente du Chili, Michelle Bachelet, une femme dotée d’une force extraordinaire, a été nommée directrice générale de la nouvelle organisation.


Croissance du commerce équitable
Bolivie – En septembre, avec l’appui de Carrefour, FONCRESOL a créé un projet pilote, Fonds de prêts pour le commerce équitable. Une recherche réalisée par des Carrefouristes et FONCRESOL a permis de cerner trois étapes cruciales où les agriculteurs ont besoin d’une injection de capitaux : production, postrécolte et commercialisation. Or, les sommes dont ont besoin les producteurs du commerce équitable sont soit trop élevées pour faire l’objet d’un microprêt ou trop petites et assorties d’un risque trop grand pour les banques traditionnelles. Le projet pilote a connu un franc succès. En trois mois, les producteurs ont réussi à exporter leur café en Belgique et à rembourser leur prêt. Le fonds Crédito Justo de 50 000 $ permettra dorénavant aux producteurs du commerce équitable de développer leur entreprise.

Semences de l’espoir
Niger – Les nouvelles en provenance du Niger n’ont pas été bonnes. Conjuguées à l’instabilité politique, la sécheresse prolongée et les inondations extrêmes qui ont suivi et emporté les cultures et les maisons dans de nombreuses régions du pays ont plongé dans une situation désespérée une population déjà reconnue comme la plus pauvre dans le monde. Or, nos partenaires continuent d’aider les gens à accroître leur résilience – avec des banques de semences qui garantissent l’approvisionnement en semences pour les récoltes futures et la création de coopératives de produits locaux comme le beurre de karité et les jardins maraîchers qui procurent un revenu à leurs membres. En octobre, Carrefour a fourni à ses partenaires nigériens ONPHDB et ADD l’occasion de participer à une conférence régionale exceptionnelle sur l’économie sociale au Maroc. Les partenaires nigériens ont pu y rencontrer d’autres praticiens et, dans la foulée, améliorer et élargir leurs programmes, de même que stimuler les investissements futurs dans l’économie sociale en Afrique.

Un nombre croissant de filles font valoir leurs droits
Swaziland – En novembre, au terme d’un projet pilote fructueux fondé sur un modèle éprouvé au Zimbabwe, trois nouveaux clubs d’autonomisation des filles ont vu le jour au Swaziland, qui en compte maintenant huit. Aujourd’hui, plus de 280 filles participent aux clubs. Quels en sont les résultats? La coordonnatrice adjointe des clubs de filles récemment embauchée est… une ex-membre d’un club!

Vélos et votes
Ghana – En décembre, le Ghana a tenu des élections de district. Sur un total de plus de 17 000 candidats, moins des huit pour cent étaient des femmes. Mais, grâce à l’appui d’ABANTU, trois candidates dans la région de l’Upper West célèbrent aujourd’hui leur victoire en tant que représentantes à l’Assemblée de district. Avec l’appui de Carrefour canadien international et de la YWCA Canada, ABANTU a offert de la formation et de l’assistance à dix femmes candidates dans la région, notamment en mettant à leur disposition des vélos pour aider leur équipe à faire campagne.

Des jeunes bâtissent leur avenir
Mali – L’an dernier, Carrefour a amassé des fonds à l’intention d’un programme d’entrepreneuriat jeunesse au Mali. Grâce à ces fonds, 100 jeunes – 50 jeunes femmes et 50 jeunes hommes – travailleront avec AJA, partenaire de CCI, à mettre leur propre entreprise sur pied. Dans le cadre du programme, ils renforceront leurs compétences en planification d’affaires, seront encadrés par un coach et auront accès à des fonds de microcrédit spéciaux.

mardi 1 juin 2010

Passer des mots à l'action

Les femmes du Zimbabwe sont un modèle de lutte pour l'égalité

J’ai lu récemment Electing to Rape: Sexual Terror in Mugabe’s Zimbabwe, un rapport de l’organisation AIDS Free World, une initiative optimiste et ambitieuse co-fondée par l’ex-Envoyé spécial des Nations unies, Stephen Lewis.  

D’une page à l’autre du rapport, s’étalent les récits de femmes victimes de viols et d’actes de brutalité horribles. J’en avais les tripes nouées. Même des femmes dont le lien avec l’opposition politique est extrêmement ténu ont été la cible de ces actes. J’ai dû interrompre ma lecture.

Ce n’était bien sûr pas la première fois que je prenais connaissance de la terreur à laquelle se heurtent les Zimbabwéennes. En novembre 2008, les partenaires de défense des droits des femmes de Carrefour ont tenu une rencontre à Cape Town. Pour les Zimbabwéennes, cette rencontre s’est révélée un véritable exutoire. Elles ont livré un témoignage accablant sur la violence faite aux femmes et leurs craintes d’en être victime, alors qu’elles travaillent sans relâche pour appuyer les femmes, individuellement, et pour revendiquer la fin de la violence dans leur pays.

Donc, quand j’ai appris que la Coalition des femmes du Zimbabwe, un partenaire de CCI, avait reçu le prix Betty Plewes du Conseil canadien pour la coopération internationale en reconnaissance de son travail de promotion des droits des femmes, j’étais au septième ciel.

Carrefour canadien international a reçu le prix au nom de la Coalition des femmes du Zimbabwe et de toutes ses membres à l’occasion de l’assemblée générale du CCIC à Ottawa le 27 mai, en l’absence de la coordonnatrice nationale de l’organisation, Netsai Mushonga, qui n’a pas pu obtenir de visa pour venir au Canada. Pour en savoir plus

Nous avons beaucoup à apprendre de ces femmes courageuses. En dépit de la brutale oppression et d’une crise économique d’une ampleur inimaginable pour nous, elles continuent de travailler et de faire entendre leurs voix.

Naturellement, il n’y a pas qu’au Zimbabwe où les femmes sont victimes de violence. Dans plusieurs pays où nous travaillons – Swaziland, Sénégal – la violence faite aux femmes demeure généralisée et débilitante. Qui plus est, le recours systématique à la violence à l’endroit des femmes augmente dans notre monde de plus en plus militarisé.

C’est pourquoi il est vital que nous, au Nord, prenions la parole. Non seulement devons-nous dénoncer la violence à l’endroit de nos collègues et amies du Sud, mais aussi nous porter à la défense de toutes les femmes.

Lors du débat qui a fait couler beaucoup d’encre Où est le leadership du Canada en matière de promotion de l’égalité entre les sexes et des droits des femmes – qui a réuni le 3 mai sur la Colline parlementaire des spécialistes des droits des femmes et des femmes politiques de toutes les allégeances) –, la sénatrice Nancy Ruth, qui défend depuis longtemps les droits des femmes, a adressé un conseil éclairé à ses homologues : « Fermez vos cri*#! de gueules » ou vous risquez de vous attirer des représailles.

Son conseil, bien qu’un brin dramatique, était stratégique et empreint de bonnes intentions. C’est cependant la réponse simple de la panéliste Lydia Alpizar, directrice générale de l’Association pour les droits des femmes et le développement, que je retiens : « Je connais très peu de droits qui ont été acquis en gardant le silence », a-t-elle affirmé. Elle a prévenu les Canadiennes que la fermeture manifeste de l’espace démocratique où débattre ouvertement de ces questions et faire valoir nos droits dans notre pays pouvait aussi avoir de graves répercussions pour les communautés du Sud qui en sont encore à lutter pour définir ces espaces.

Comme l’a souligné Lydia Alpizar : « Il n’y a pas de baguette magique pour faire apparaître l’égalité entre les hommes et les femmes et les droits des femmes ». Des interventions comme l’intégration des questions relatives au genre, la microfinance et les systèmes de quotas pour l’accès des femmes à la vie politique sont toutes de bonnes idées pour lesquelles les femmes se sont battues. Mais « aucune d’entre elles, individuellement ou conjointement, ne va nécessairement mener à l’autonomisation des femmes. »

Qu’est-ce qui fonctionne ? Quel devrait être notre rôle ?

La réponse ne se situe pas seulement dans la teneur des programmes que nous mettons en place ou appuyons, mais aussi dans nos façons de faire. Notre rôle n’est pas d’apporter des solutions aux femmes du Sud, mais plutôt de travailler avec elles, d’investir dans leur potentiel, de défendre leurs droits et les nôtres. Tant au niveau local, comme le font les membres de la Coalition des femmes du Zimbabwe, qu’au niveau national et international, les femmes et les groupes de femmes sont les moteurs de la lutte pour l’égalité entre les sexes. Elles conçoivent et mettent en œuvre des stratégies pour permettre aux femmes de s’affranchir de la violence, d’accroître leur autonomie économique, d’affirmer leurs droits sexuels et à la reproduction, et de participer à parts égales dans une vaste gamme d’espaces politiques où sont prises les décisions qui affectent leur vie et leurs communautés.

Au lendemain du débat sur la Colline parlementaire, notre propre gouvernement a fait l’objet de vives critiques pour avoir sabré dans le financement de plus de 14 groupes de femmes, y compris celui de nos collègues de Match International, qui seront ainsi forcés de fermer leurs portes. Dans une intervention à la Chambre des communes au sujet des compressions budgétaires, l’honorable John Baird a déclaré : « Monsieur le Président, je vais être très clair. Notre gouvernement accorde un montant record de financement aux groupes de femmes. Nous avons un gros critère : nous voulons moins de causerie et plus d’action. »

Selon mon expérience de travail dans le milieu des droits des femmes au Canada et dans le monde depuis presque 20 ans, l’un ne va pas sans l’autre. Les droits ont préséance, les programmes pour atténuer les effets de l’inégalité suivent. Il est difficile de départir les organisations de femmes qui offrent des services de qualité de celles qui les ont exigés au départ.

La Coalition des femmes du Zimbabwe est un cas d’espèce. « Durant la violence, nous avons commencé à comprendre que nous devions intensifier nos efforts pour bâtir la paix et intervenir dans la vie politique de notre pays, a déclaré Netsai Mushonga dans un entretien à partir du Zimbabwe. Les femmes sont en très bonne posture pour mettre en place des changements sociaux positifs, a-t-elle ajouté. Pendant que certains hommes sont encore en « mode combat », des femmes investissent en développement et paix. Elles ne laissent plus l’espace public aux hommes ; elles l’occupent et y font valoir leur point de vue.

Bien que les gouvernements semblent mettre du temps à reconnaître cette notion fondamentale, nous avons la chance d’avoir au Canada un prix qui le reconnaît.

lundi 23 novembre 2009

Un débat houleux

Alors que le soutien à une entente mondiale sur le changement climatique se glace, les Canadiens ont le devoir de raviver la flamme chez nos dirigeants

Récemment je
fus témoin d’un débat houleux sur le changement climatique.


Loin d'être un affrontement entre des scientifiques et des négationnistes du changement climatique, il s'agissait plutôt de militants écologistes et de spécialistes du développement qui débattaient de l'utilisation du terme « changement climatique » sur celui de « réchauffement climatique ». C'était une guerre des mots, les deux parties souhaitaient, autant l'une que l'autre, s'assurer que les Canadiens et les Canadiennes comprennent le péril auquel nous sommes tous confrontés, en espérant que les mots justes sauraient inspirer les citoyens à passer à l'action.


De par mon travail, je sais que le danger est bien réel. Au cours de mes huit années avec Carrefour canadien international (CCI), j'ai été témoin de l'impact des sècheresses et des inondations sur les partenaires du Sud et les collectivités qu'ils desservent.

Au Swaziland, beaucoup connaissent la famine. Près de la moitié de la population est dépendante de l'
Aide alimentaire. Soixante-dix pour cent de la population travaillent dans l'agriculture de subsistance et la production alimentaire n'a cessé de diminuer tout au long de la décennie. L'irrégularité des conditions climatiques, l'appauvrissement des sols, et la sècheresse demeurent un problème aujourd'hui, et le seront demain encore.

Le Niger, lui aussi,
connait l’insécurité alimentaire en raison de pluies irrégulières et imprévisibles, un phénomène qui n’a fait que d’empirer ces dernières années. Certaines solutions existent, CCI appuie, par exemple, le travail des partenaires locaux qui tentent de garantir la sécurité alimentaire et d’augmenter les revenus des agriculteurs de subsistance grâce à des stratégies d'adaptation telles que la création de banques de céréalières communautaires. Les femmes comme Fati Hassan en récoltent les bénéfices. « Avant, c'est nous, les femmes, qui avions l'habitude de voyager,  qui devions parcourir jusqu'à neuf kilomètres pour trouver de la nourriture. Maintenant la nourriture est à portée de mains. »


Au Niger et au Swaziland, comme dans de nombreux pays pauvres, les femmes sont touchées de manière disproportionnée. Sur la planète, les femmes produisent jusqu'à 90 pour cent de l'alimentation dans les milieux ruraux défavorisés. Elles vont chercher la nourriture, travaillent la terre, et marchent de longues distances pour se ravitailler en eau et en autres denrées de base. Pourtant, en raison de leur pauvreté, elles sont aussi plus à risque de vivre la violence et d'être infectées par le sida, le choléra ou le paludisme. Les femmes sont responsables de l'entretien et de la préservation de terrain, mais exercent peu de contrôle sur l'exploitation des ressources naturelles et, dans de nombreux pays, il leurs est interdit d’accéder à la propriété.


Je pourrais donner encore d’autres exemples. Lors de récentes entrevues avec des partenaires du Sud, chaque partenaire, quel que soit son secteur d'intervention, a soulevé la question du changement climatique comme un défi majeur. Pourtant, les communautés défavorisées dans le monde ne portent que peu de responsabilités quant à la dégradation de l'environnement causée par les émissions de carbone, mais, pourtant,  ce sont elles qui sont le plus durement touchées. De plus, si l'on ajoute à cela la crise alimentaire et économique actuelle, le changement climatique menace d'effacer des décennies de développement économique.

À Carrefour, notre spécialité, c'est la réduction de la pauvreté. Nous travaillons avec des partenaires locaux pour accroitre leur résilience et leur capacité à s'adapter. Nous soutenons les producteurs ruraux. Et nous augmentons la
participation des femmes au processus de prise de décisions dans les gouvernements et au sein de leur communauté. Nous ne sommes pas des experts en changements climatiques, mais nous savons que nous pouvons faire quelque chose pour inverser cette terrible tendance . Les enjeux sont bien trop importants pour rester tout simplement sur le banc de touche. Nous pouvons tous et toutes faire quelque chose.

Nous pouvons
commencer par changer notre propre comportement et nos habitudes de consommation au Canada pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous pouvons aussi soutenir les pays pauvres, touchés de manière disproportionnée, avec des subventions pour l'atténuation et l'adaptation. Nous pouvons insister pour une meilleure représentation politique des femmes et pour leur donner accès et le contrôle des ressources.

Mais a
vant tout cela, nous pouvons juste nous joindre aux autres et tirer la sonnette d'alarme. Alors que les journaux titrent que les chefs d'État ont abandonné des objectifs concrets pour le sommet de l'ONU de Copenhague, l'espoir s'estompe. Le temps est venu d'indiquer à nos dirigeants que nous exigeons plus d'eux.


Collaborer sur le plan international pour résoudre des problèmes globaux n'est pas chose facile. Nous comprenons. Mais la signature d'un accord qui est équitable, ambitieux et juridiquement contraignant est à notre portée.
Nos dirigeants doivent prendre la tête du sommet de Copenhague.

mardi 29 septembre 2009

La cause du siècle



Si le monde investissait dans les femmes et les filles, les femmes et les filles s'occuperaient en retour de la planète. Ces mots ne sont pas les miens, mais ceux de l'activiste américaine Jane Roberts. La relation entre les droits fondamentaux des femmes, l'égalité entre les hommes et les femmes et le développement économique et social est reconnue et décomuentée.

À Carrefour, nous en sommes quotidiennement les témoins privilégiés, que l’on prenne l’exemple de femmes de l'Afrique de l'Ouest sorties de l'économie de subsistance grâce à des coopératives produisant du beurre de karité, du savon ou du tissu,  ou celui  des membres des banques communales appuyées par CCI ou des femmes comme Martha Ali peuvent maintenant annoncer : « Mes enfants vont à l'école grâce à mes revenus. » Certes les prêts sont modestes, mais ils ont un impact considérable dans la vie de ces femmes et de leur famille.

Il y a tout juste cinq ans, Carrefour canadien international prenait la décision de consacrer une partie de ses ressources à la promotion des droits des femmes. Il nous était apparu évident que l'autonomisation des femmes était le dénominateur commun à l’ensemble de nos objectifs, qui couvre aussi bien le développement des économies locales, la réduction de la pauvreté ou la lutte contre le sida.

Aujourd'hui, après des années de réflexion et d'action pour l'égalité entre les hommes et les femmes, certaines personnes n'hésitent pas à faire de la lutte pour les droits des femmes et des filles, la cause de notre siècle.

Le 14 septembre dernier, les Nations unies ont voté une résolution visant à créer une agence onusienne importante dont la seule mission sera de promouvoir les droits des femmes et des filles. La semaine suivante, Plan international publiait un rapport démontrant de façon convaincante que l'investissement dans les programmes destinés aux filles brisera le cycle de la pauvreté intergénérationnelle et que l'absence d'un tel investissement ferait perdre aux pays les plus défavorisés plusieurs milliards en croissance économique.

Cependant, les subventions envers les organisations de services aux femmes n'ont fait que décroitre, tout au long de la dernière décennie, aussi bien quantitativement que qualitativement. L'Association pour les droits de la femme et le développement (AWID), qui observe et analyse le flux des subventions destinées aux droits des femmes, attribue cette tendance mondiale à l'intégration de la dimension de genre dans les activités qui a entrainé la dilution des objectifs propres à l'égalité des femmes au profit d'objectifs de développement plus généraux
.

Le Canada ne fait pas exception à cette règle, et il semble éventent aujourd'hui, qu'en dépit des lignes directrices si droites de notre politique, l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et de nombreuses organisations internationales de la société civile canadienne ont lentement perdu leur intérêt pour les programmes portant sur l'égalité entre les sexes au cours de la dernière décennie. Un certain nombre d’organisations, dont Carrefour canadien international, a analysé la récente autoévaluation de l'ACDI relative aux résultats de sa politique sur l'égalité entre les sexes entre 1998 et 2005 dans un rapport intitulé
« 
Consolider le leadership international du Canada en matière de promotion de l’égalité entre les sexes ». Bien que les organisations furent franchement impressionnées par la rigueur de l'évaluation, d’ailleurs l'ensemble des OSC a soutenu sans réserve la politique, il est clair que l'augmentation des investissements dans des programmes portant spécifiquement sur l'égalité entre les sexes tout comme un nouvel élan politique sont nécessaires.

Et le moment ne saurait être plus opportun. Au niveau international, une nouvelle dynamique prend de l'ampleur. Le gouvernement néerlandais a créé, en 2008, le Fonds OMD3 en partie à compenser la baisse dramatique des subventions accordées aux programmes destinés aux femmes. Au même moment, la fondation NIKE lançait la fameuse campagne « 
girl effect » accompagnée d’une enveloppe de 100 millions de dollars à destination des programmes pour les filles. Cette année, l'Espagne a donné le ton en allouant 65 millions de dollars au Fonds d'UNIFEM pour l'égalité. Et la semaine dernière, la Canadienne, Belinda Stronach, a annoncé que la Belinda Stronach Foundation, en collaboration avec Clinton Global Initiative, réunira les plus grands organismes nationaux et internationaux dans le but d’attirer l’attention du G8 sur la question des femmes et des filles.

L’argumentaire est solide. Selon la Banque mondiale, lorsque le nombre de filles accédant à l'école secondaire augmente de 10 %, l'économie nationale d'un pays augmente de 3 %. De même, une femme percevant un salaire en réinvestit 90 % pour le bienêtre de sa famille.

Pour résumer, c'est un train qui vaut la peine d'être pris en marche. Déjà, de nombreuses organisations internationales et canadiennes réorientent leurs ressources au bénéfice des programmes à destination des filles et des femmes.   Le gouvernement canadien devrait en faire de même.   Et la tenue du G20 et du G8 en juin 2010 au Canada est une occasion inespérée pour que notre pays reprenne sa place de leadeur et montre le chemin à suivre sur la question des droits fondamentaux. La vie de 500 millions de filles et de jeunes femmes en dépend.

Découvrez comment votre appui financier envers les projets sur les droits des femmes de Carrefour canadien international peur faire une réelle différence.